Triste nouvelle pour notre école

C’est une bien triste nouvelle que nous avons apprise au milieu de ces vacances. Louis Heneffe, Président du Conseil d’Administration est décédé au terme d’une grave maladie.
Voici le texte lu par Monsieur Etienne Delneuville au nom de l’ensemble du personnel et des amis de l’école.

Louis,

Au nom de tous tes amis du Pouvoir organisateur de l’école de Cortil, je
tiens à te dire aujourd’hui encore une fois merci.
Enfant du village, tu as connu l’école depuis ton enfance, l’ancienne école,
derrière la place.
Au moment où Maryse a commencé à y étudier, avec José Ninforge et d’autres
parents, tu as soutenu le projet un peu fou d’en construire une toute
nouvelle, un peu plus loin que l’église.
Ce projet a abouti, difficilement, et des centaines d’enfants ont profité
depuis septembre 1981 de ces nouveaux locaux.
Dans la lancée, vous vous avez mis sur pied l’association des parents,
toujours très active et dynamique aujourd’hui.
Depuis, il ne passait pas un jour sans que tu penses à l’école ou que tu y
sois, pour y rendre un service ou régler un problème.

L’école du village, ta seconde maison, comme disait Brigitte…
C’est là que nous avons appris à te connaître.
Sous des dehors bourrus, nous avons rencontré l’homme, sensible et attentif,
plus préoccupé du bien d’autrui que du sien.
Déterminé, jusqu’à l’obstination.
Disponible, au-delà de la raison.
Prêt à remuer ciel et terre, à courir de Bruxelles à Charleroi, à frapper à
toutes les portes pour faire aboutir les dossiers.
Fidèle à sa parole et à ses amis.
Et qui n’a jamais, jamais compté son temps.

Ce qui restera, parmi beaucoup d’autres traits, c’est, comme je l’ai dit, ta
présence à l’école. Jour ou nuit, semaine ou week-end, tu étais là quand il
le fallait.
Tu n’aurais manqué pour rien au monde les fêtes de l’école. Tu y as
d’ailleurs été présent chaque année, sans interruption, depuis les premières
fêtes scolaires sous le préau de l’école des filles. Et le vendredi qui a
précédé la dernière, il y a deux mois, tu étais là, soutenant les équipes
qui s’activaient et t’excusant de ne pouvoir venir parce que tu retournais
en clinique.
Tu as multiplié les contacts et les rencontres pour trouver pour l’école une
réponse adaptée et réaliste à la nécessité de l’apprentissage des langues,
un autre cheval de bataille.
Ta dernière réalisation : le remplacement de la vieille chaudière de l’école
par une nouvelle bien plus performante et économe. C’est un très gros
budget, trop important pour les finances de l’école : tu as réussi à trouver
les leviers et les subsides pour que cela ne lui coûte presque rien. Tu as
suivi le dossier, comme tous les autres, tu l’as porté à bout de bras, tant
sur le plan technique qu’administratif, jusqu’à ce qu’il aboutisse. Bravo et
merci.

Deux mots encore. Tu aurais tant voulu mener jusqu’au bout l’opération du
remboursement de l’emprunt de l’école, qui te causait tellement de souci, et
pour lequel tu as trouvé des solutions chaque fois que c’était nécessaire et
sans ménager tes efforts. Bien malgré toi, tu laisses cette mission à tes
successeurs. Crois bien qu’ils continueront à relever ce défi. Tu peux
partir en paix et en confiance.

Enfin, au moment du départ de Brigitte, tu nous écrivais ces mots :
« Malgré un état physique fragile, elle restait pleine d’optimisme et
d’espoir. Mais, comme on dit, la maladie a été plus forte. Elle ne souffre
plus et est dans la joie du Seigneur, et j’y crois. »
Et j’y crois, disais-tu. C’est dans la foi, dans la confiance dans les
hommes et en Dieu que tu t’en vas aujourd’hui. C’est cette foi qui t’a fait
traverser les épreuves, jusqu’à l’épreuve ultime, avec courage. C’est dans
cette foi que nous te disons au revoir, Louis : au revoir, et merci.